Démystifier l’industrie de la mort?

Se présentant comme le leader du domaine funéraire avec plus de 500 membres et 145 entreprises, la Corporation des thanatologues du Québec déploie, du 8 octobre au 4 novembre, une campagne de communication composée de cinq messages vidéo, dont un pour la télévision et quatre pour le web. Cette vaste initiative culminait avec la première journée Porte ouvertes du domaine funéraire, le 21 octobre dernier, dans plusieurs établissements membres. La campagne est également soutenue par un site internet revampé et une présence sur les médias sociaux (TwitterFacebook, YouTube).

Il est indéniable que l’organisation souhaite se rapprocher de la population et à la conscientiser sur le côté humain de la profession. Plus qu’un simple vendeur de cercueils, le thanatologue est à l’écoute et conseille judicieusement, de manière intègre, les personnes vivant un deuil. On tente de démystifier «un domaine réputé pour son conservatisme», comme le souligne Nathalie Samson, directrice générale de la Corporation, dans sa présentation de la campagne. On comprend que les objectifs communicationnels premiers sont d’accroître la notoriété de l’organisation en révélant son caractère humain et son expertise, d’en rehausser l’image et de promouvoir l’apport de la profession à la population lors du décès d’un proche.

Dans un désir d’ouverture, chaque message exploite une facette de cet univers générant encore aujourd’hui chez bien des gens un malaise. On mise sur une approche chaleureuse et professionnelle, axée sur la mémoire et le respect, pour montrer le réel visage de ce métier donnant, parfois, froid dans le dos. Ce que véhicule la thématique choisie: « Laissez-vous accompagner par des professionnels. » Ces gens de confiance sont présents, pour nous.

Chaque capsule touche une cible et un thème particuliers avec un message empreint d’émotions. Merci maman évoque la simplicité d’effectuer ses préarrangements auprès d’un membre pour alléger le chagrin des proches. Le passager souligne l’expertise des membres et leur sincère respect des volontés des défunts. Dans Aux petits soins, c’est l’attention aux détails et les qualités artistiques (pour éviter les histoires d’horreurs de défunts qui, une fois embaumés, ne se ressemblent plus) qui sont mises de l’avant.  Grand-papa présente une organisation à l’avant-garde, avec fillette lucide comprenant la mort et se documentant sur le web. L’héritage démontre le côté humain du thanatologue (il s’agit souvent d’entreprises familiales): malgré la solide formation reçue, c’est de son père décédé qu’il a tiré les plus nobles apprentissages: l’écoute et l’aide aux gens.

Avec sobriété, on s’adresse à la population adulte en général, car la mort concerne tout le monde. Mais on s’adresse aussi aux membres, aux jeunes, leur révélant l’envers d’une profession à peut-être considérer dans leur choix de carrière, aux personnes qui ont ou qui sont sur le point de perdre un proche, ainsi qu’aux personnes souhaitant se préparer à la mort.

Étonnement quant au choix des médias utilisés: on se serait attendu à ce qu’une telle organisation privilégie les médias traditionnels. Le choix du web traduit indéniablement un désir de proximité et d’interaction, ce qui octroie à la Corporation un caractère dynamique nouveau.

La campagne étant actuellement en cours, il s’agit d’une histoire à suivre, bien que la fin soit… inévitable.

La foire des vins français à la SAQ

La dernière publicité télévisuelle de la Société des alcools du Québec (SAQ) est un bijou d’humour… à condition de la regarder sans susceptibilité! Elle met en scène un Français agité et assez caricatural, qui lance ses phrases sur un débit rapide et pratiquement sans reprendre son souffle, sous les yeux d’un employé de la SAQ. Ce dernier, Québécois pure laine, est complètement abasourdi par le discours du client; discours auquel il ne comprend pas grand-chose si ce n’est qu’il doit proposer un vin français à son vis-à-vis. Les pensées de l’employé s’expriment grâce à des bulles qui illustrent parfaitement son incompréhension.

En tant qu’immigrée d’assez longue date, j’ai la chance d’être « bilingue franco-québécois ». Dans le cas de cette publicité, cela me permet de comprendre aussi bien le texte du client français que le non-verbal de l’employé québécois. Pourtant, en discutant avec des collègues de cette publicité, développée par l’agence Sid Lee, j’ai découvert que le discours du Français reste assez hermétique, car trop rapide et surtout truffé d’expressions typiquement hexagonales. Par exemple, l’homme annonce qu’il doit se dépêcher puisqu’il lui faut prendre ses « lardons chez la baby-sitter ». Il faut une bonne dose d’immersion française pour savoir qu’il parle de ses enfants et non de petits bouts d’une sorte de bacon!

De fait, cette publicité s’appuie sur les préjugés culturels et linguistiques qui continuent d’être véhiculés de part et d’autre de l’Atlantique. Le Français est une « grande-gueule  » dont le discours est parsemé de mots anglais et de formules plus ou moins argotiques; le Québécois reste correct et avenant, mais n’en pense pas moins. C’est quand même audacieux de la part de la SAQ de baser sa campagne de publicité pour la sixième édition de sa « foire aux vins français » sur le vieux débat de la pureté de la langue. Tous les clichés se retrouvent dans les quelques secondes que dure cette publicité!

Le risque de froisser d’éventuels clients n’est cependant pas bien grand pour la SAQ, puisque les Québécois, qui consomment annuellement à peine 22 litres de vin en moyenne par personne (contre 64 litres pour les Français!), continuent de plébisciter les vins français. L’impact de cette publicité est moins une question de consommation d’alcool que de comportement linguistique. Est-ce vraiment original de mettre une fois de plus le doigt sur la prétendue négligence des Français face à leur langue? Comment comprendre le lien entre le fonctionnement linguistique et la consommation spécifique de vins français distribués par la SAQ? Je ne sais pas répondre à ces questions, car ma condition de Française au Québec teinte mon jugement, même sur le plan communicationnel. Surtout sur ce plan, peut-être!

Les données sont extraites du rapport annuel de la SAQ.

La convergence!

Publicité? Reportages dans les bulletins de nouvelles à TVA? Chroniques dans le journal de Montréal et de Québec? Encore de la publicité? Il s’agit de tous les outils de communication dont Quebecor Media a usé pour lancer sa nouvelle chaîne télévisée TVA Sports.

Réussite ou échec? Il est encore trop tôt pour connaître l’intérêt et l’engouement des téléspectateurs portés envers cette chaîne. Par contre, il est facile de remarquer que, tous les jours sur la chaîne TVA Nouvelles, plusieurs minutes sont dédiées aux nouvelles sportives. Celles-ci sont annoncées par un animateur de la chaîne TVA Sports et un parallèle fort et évident est fait pour promouvoir cette nouvelle chaîne.

La stratégie de communication développée par Quebecor Media est-elle efficace? La nouvelle chaîne atteindra-t-elle un assez grand nombre d’abonnés? Chose certaine, la médiatisation autour de cette nouvelle chaîne télévisée, TVA Sports, a été très forte : cela explique en partie pourquoi une grande majorité des gens en avait déjà entendu parler avant même son entrée en onde, en septembre dernier. Depuis, les publicités télévisées continuent d’être diffusées sur toutes les chaînes de Quebecor Media ainsi que dans les journaux de l’empire.

Tout cela porte à croire que le lancement de la nouvelle chaîne sportive TVA Sports s’est bien déroulé. Est-ce que le nom de Quebecor Media a eu un impact sur le positionnement de la chaîne? Difficile à savoir… Cependant, malgré tous les enjeux qui peuvent se présenter lors de l’élaboration d’une stratégie de communication, le pouvoir d’une entreprise est d’une très grande importance. Quebecor Media est l’un des leaders des télécommunications au Québec. Une des hypothèses pour expliquer cette position réside sûrement dans son incroyable pouvoir de convergence et ses moyens financiers très solides. Également, il est possible de soupçonner que le tout s’inscrit aussi dans une stratégie à moyen terme d’acquérir une deuxième équipe de la ligue nationale de hockey au Québec.

Bien que plusieurs stratégies de communication existent, l’importance de la richesse joue un grand rôle dans le positionnement d’une entreprise, en plus de lui apporter une certaine notoriété. À ce jour, il y a de fortes chances pour que la chaîne TVA Sports ne rencontre aucune difficulté à s’installer dans le réseau télévisé. Surprise, me diriez-vous ironiquement? Évidemment que non, car Quebecor Media est une puissance! Il s’agit d’une belle démonstration de la puissance de la convergence.

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