Gestion de crise chez Lassonde

Les Industries Lassonde, qui produisent entre autres les jus Oasis, ont fait face, en avril dernier, à une crise bien particulière, attribuable en partie à la montée en popularité des médias sociaux.

L’élément déclencheur : la parution d’un article de La Presse, intitulé « Pas touche au mot Oasis », racontant la poursuite judiciaire du géant québécois contre une petite entrepreneure, Deborah Kudzman, pour l’utilisation du nom « Olivia’s Oasis » pour ses savons. Lassonde a perdu sa bataille juridique, mais a gagné sur un point : madame Kudzman devra rembourser elle-même ses frais judiciaires, s’élevant à 125 000 $. S’en est alors suivie une vague de sympathie pour madame Kudzman et, incidemment, un tsunami de contestations envers Lassonde pour s’être montré intraitable. Des centaines d’internautes ont manifesté leur mécontentement sur la page Facebook de l’entreprise.

Loin d’admettre son erreur, l’entreprise a jeté de l’huile sur le feu avec la publication d’un premier messagequi tentait de justifier ses agissements:

Réponse C’est à la suite de centaines de commentaires négatifs que la compagnie s’est finalement rétractée, quelques heures plus tard, en publiant un communiqué dans lequel elle se disait à l’écoute des consommateurs et où elle annonçait qu’elle rembourserait les frais judiciaires de madame Kudzman.

Deux jours après le début de cette controverse, l’entreprise a mis en ligne le blogue « Lassonde vous écoute ». Alors que la crise s’essoufflait, ce blogue était-il vraiment un outil approprié? Censé être un lieu d’échanges et d’écoute du public, il s’est plutôt avéré être un lieu de justification et de défense contre les « attaques » du journaliste Patrick Lagaçé. La plupart des consommateurs n’ont pas senti la sincérité des regrets de l’entreprise et y ont plutôt vu une simple opération de relations publiques destinée à rétablir son image, ce qui les a irrités au plus haut point, comme l’ont démontré les 244 commentaires suivant les deux premiers billets. Plus la compagnie tentait de se justifier, plus elle alimentait le débat et les critiques.

D’ailleurs, le choix de son président et chef de l’exploitation, Jean Gattuso, en tant que porte-parole, même s’il démontre bien le sérieux qu’accorde l’entreprise à cette affaire, n’était peut-être pas tout indiqué. M. Gattuso, dans sa tournée des médias, n’a pas été en mesure de démontrer le charisme et l’aplomb nécessaire à un porte-parole en temps de crise. Son attitude défensive, ses nombreuses hésitations et sa difficulté à élaborer sa pensée lui ont fait perdre toute crédibilité et l’ont rendu particulièrement sans défense devant un intervieweur aussi solide que Paul Arcand.

Lassonde aurait dû prévoir que cette poursuite, une fois mise à jour, pourrait nuire à l’image de la compagnie. Un plan de gestion de crise n’avait vraisemblablement pas été mis en place. L’entreprise a réagi somme toute rapidement, compte tenu des circonstances : en moins d’une journée, le samedi de la fin de semaine de Pâques, un communiqué était publié pour indiquer que les frais judiciaires de madame Kudzman seraient remboursés. Cependant, la maladresse avec laquelle Lassonde tentait de justifier ses agissements et non d’avouer son erreur laisse croire que les actions étaient précipitées et qu’elles ne faisaient pas suite à une analyse complète de la situation.

John Fluevog : écouter, engager, fidéliser.

John Fluevog est une marque de chaussures, bottes et accessoires qui se distingue par un design unique et des produits de qualité répondant à des valeurs sociale et environnementale. La marque vancouvéroise a toujours suivi la même ligne directrice : Unique soles for unique souls(1).
Depuis 40 ans, John Fluevog s’adresse à une niche très spécifique, qui ne se définit pas tant par un groupe d’âge, mais par des valeurs communes.  « Nous servons autant des banquiers que des artistes, des grand-mamans que des cyclistes, même des tatoueurs. Notre clientèle est beaucoup plus « psychographique » que démographique » explique Stephen Fluevog, fils du designer et directeur du marketing, dans une entrevue accordée au journal Voir.
Toutes les actions de la mise en marché de la marque sont congruentes avec le produit lui-même. Cela se traduit par un ton irrévérencieux teinté d’humour, très assumé, dans toutes les communications de la marque.
Par le biais des médias sociaux et du site web de la compagnie, l’équipe de John Fluevog engage ses adeptes dans une discussion soutenue, et ils embarquent. Vote sur les designs à produire, choix des magazines où promouvoir la marque, les Fluevogers(2) donnent leur avis : en une semaine, plus de 2 000 personnes ont répondu à l’appel du VogPopuli.
Sur la page Flueshots du site web, les adeptes sont invités à faire parvenir des photographies d’eux-mêmes portant leurs Vogs et des anecdotes de voyage. Les photos proviennent de partout sur le globe!
Mais l’initiative la plus populaire est définitivement le Open source Footwear. Au cours des cinq dernières années, plus de 500 modèles de bottes et chaussures dessinées par des adeptes ont été soumis à l’entreprise. L’équipe a choisi parmi cette sélection des modèles qui présentaient un réel potentiel, les Fluevogers ont voté et 12 modèles ont été produits. Le principe de l’open source est aussi utilisé pour la production de design graphique d’affiches pour un nouveau modèle.
John Fluevog gagne gros avec sa stratégie sur les médias sociaux : des ambassadeurs de la marque à travers le monde, une visibilité accrue sur le web et surtout, une fine connaissance de sa clientèle. Selon Stephen Bailey, directeur du marketing et des communications, non seulement les médias sociaux attirent-ils de l’achalandage sur le site web, mais les visiteurs en provenance de Facebook et Twitter demeurent aussi longtemps sur le site que ceux qui sont référencés par les moteurs de recherche. Mieux encore, ils achètent : la marque John Fluevog a connu une augmentation de ses ventes de 40 % après une année complète de présence assidue sur les médias sociaux. Pas banal quand on sait que les ventes par Internet sont de l’ordre de 50% pour la compagnie.

Qui a dit que les médias sociaux n’offraient pas un bon retour sur investissement ?

(1) Des semelles uniques pour des âmes uniques
(2) Fluevogers: nom donné aux adeptes de la marque

Sources :
Fluevog Shoes & The Crowdsourced Shoe | TechVibes

John Fluevog Shoes Ltd. | Crowdpreneur

Fluevog a step ahead of social media trends | Ginger

Fluevog’s Open-Source Footwear | Harvard Business Review

But How Can an Automated Message be Personal? | Made you Look

Next internet gold mine is in the crowd sourcing | Make it business

Marketing lessons from my shoes | IT Business

La stratégie de médias numériques de Quicken Loans

Source : Word of mouth marketing association (Womma), How Quicken Loans Became A Yahoo! Answers Knowledge Partner

Quicken Loans est une entreprise américaine qui se spécialise dans les prêts hypothécaires en ligne. Son avantage concurrentiel : tout se fait en ligne, par téléphone ou à un endroit choisit par le client. Nul besoin d’aller en succursale ou de rencontrer un conseiller à plusieurs reprises durant le processus.

Comme l’essence même de l’entreprise vise à offrir une expérience client à distance, elle doit non seulement se doter d’outils en ligne pertinents pour offrir un service exceptionnel, mais également d’une identité numérique forte… ce qu’elle a fait. Voyons un peu la stratégie utilisée et les moyens pris pour y arriver.

La littéracie financière au coeur de l’approche
La littéracie financière est une tendance qui prend de plus en plus de place sur le marché des services financiers actuellement. Par littéracie, on entend un “Ensemble des connaissances en lecture et en écriture permettant à une personne d’être fonctionnelle en société.” Avec le contexte économique des dernières années, les scandales financiers mondiaux et la confiance des consommateurs, ébranlée, les entreprises dans ce domaine n’ont pas le choix de rassurer leurs clients et de les informer.

C’est donc ce qu’a décidé de faire Quicken Loans, tout en utilisant des médias sociaux pour avoir un effet le plus viral possible.

Quizzle : un site indépendant qui donne des conseils sur les finances personnelles, et qui contient également un blog, des outils de calcul, la possibilité de suivre Quizzle sur Twitter, une page Facebook et une page Yahoo! Answer. Le site est très convivial et ne fait pas référence à aucun produit en particulier. Il mise sur le fait qu’il donne une cote de crédit et un rapport de solvabilité gratuitement. En fait, il est difficile de savoir que Quicken Loans est relié à ce site si on ne fouille pas en profondeur.

Yahoo ! Answer : Cette plateforme est en quelques sortes une foire aux questions où chacun peut poser une question sur un sujet donné et identifié, à laquelle un expert répond. Quicken Loans s’est donné comme mandat de répondre aux questions relatives aux prêts hypothécaires, sans mentionner ses produits. Elle propose plutôt à la personne qui pose une question de se rendre sur le site de Quicken Loans pour trouver plus de détails. L’utilisation de cette plate-forme avait généré 400 visiteurs sur le site de Quicken Loans et conduit à 18 ventes de prêts hypothécaires en date de l’article sur Womma.

Transparence et publication des bons coups
Un autre aspect de la stratégie de médias numériques de l’entreprise est de mettre de l’avant les cas de clients satisfaits sur diverses plateformes sociales. Cette approche donne de la notoriété à l’entreprise et de la crédibilité.

Site Internet : une section sur la satisfaction de la clientèle présente sur le site Internet les différentes revues positives et cas vécus de clients satisfaits. Ces revues sont tirées de la page Facebook de Quicken Loans, de sa page You Tube, d’Epinions, Viewpoints et de sa page créée à cet effet, Quicken Loans Reviews. Quicken Loans a fourni une caméra à ses clients pour recueillir leurs témoignages et s’est servie de ces vidéos pour alimenter ses diverses plateformes.

Fait intéressant à noter : l’équipe éditoriale n’a pas fait de censure sur les mauvais commentaires, mais invite plutôt les clients mécontents à communiquer directement avec la “Quicken Loans Home Guru”, responsable des médias sociaux de l’entreprise. D’ailleurs, ils écrivent noir sur blanc sur leur site Internet « Good or bad, we appreciate the feedback. »

Également, Quicken Loans invite les clients à soumettre leurs commentaires sur leur expérience avec l’entreprise directement sur leur site, en échange d’une carte-cadeau de 10 $. Toutefois, les clients qui soumettent une critique en échange d’une carte-cadeau doivent terminer leur texte avec la phrase « I received a gift card for writing this review, regardless of whether I had a positive or negative experience. »

Ce souci de transparence est intéressant dans l’optique où l’entreprise s’est adaptée au Web 2.0, c’est-à-dire l’aspect bidirectionnel de la communication. Plusieurs entreprises utilisent pour leur part ces médias comme des médias traditionnels, en censurant les commentaires désobligeants ou en ne prenant pas le temps de répondre aux clients.

Responsabilité sociale
Quicken Loans met également de l’avant son implication sociale sur plusieurs plateformes. D’abord, sur le blog de l’entreprise What’s the diff ? Exposing the gap between average and excellent, ainsi que sur le blog The Diff Community. Le premier, à saveur ludique, affiche entre deux articles sur des sujets non reliés à l’entreprise un article sur ses bons coups en communauté ou le succès d’une de leur campagne. Le second blog contient uniquement des articles sur les commandites de Quicken Loans et leur implication dans la communauté.

L’entreprise a également lancé une campagne de financement pour l’Amyotrophic Lateral Sclerosis Association en utilisant Crowdrise, une plateforme qui recueille des dons en ligne pour diverses campagnes de financement, Twitter et Facebook.

La concurrence
Mes recherches pour trouver d’autres prêteurs hypothécaires en ligne ont été peu concluentes. L’entreprise BlueFi Direct Mortgage œuvre dans le même domaine, et n’a pour identité numérique qu’un site Internet, une page Facebook sur laquelle elle publie de l’information et met de l’avant des histoires de clients satisfaits, et une page YouTube avec deux vidéos.

Pistes de réflexion
L’univers du prêt en ligne peut rapidement être associé à de la fraude. C’est la raison pour laquelle je crois qu’il est nécessaire pour une entreprise de cette nature d’avoir une image de marque forte et cohérente entre les divers médias utilisés. Dans le cas de Quicken Loans, je me demande si l’aspect des différentes plateformes manque de cohérence visuelle et de sérieux pour un sujet comme le prêt hypothécaire. À plus haut niveau, est-ce que les médias sociaux sont adaptés à l’industrie des services financiers ? Où est-ce que le service conseil demeurera-t-il toujours plus optimal en face d’un conseiller, dans l’optique où des clients ébranlés par les scandales des dernières année veulent se faire rassurer ? Ou préfère-t-il effectuer eux-mêmes leurs recherches et procéder sans intermédiaire pour influencer leur jugement ?

« Be more kissable » stratégie 2.0

De l’innovation vers le 2.0

En avril 2009, Colgate a lancé son nouveau produit, le « Wisp », une mini brosse à dents à usage unique avec dentifrice intégré.

Le public cible : les jeunes urbains entre 18 et 25 ans. L’agence de marketing Big Fuel  a misé sur une stratégie 2.0 pour rejoindre le public cible. Ils ont créé une application Facebook, des vidéos en ligne et un concours de photo, tous autour du thème : « Be more kissable ». Le défi de l’agence était de trouver une approche pour engager le jeune consommateur vers la marque. La brosse à dents n’étant pas à première vue un produit cool à promouvoir via son réseau social, l’idée d’arrimer le produit à l’image « More kissable » a fait son chemin.

Application Facebook

Le concept de cette application est de reprendre le jeu « spin the bottle » pour devenir « spin the Wisp ». En faisant tourner la brosse à dents comme dans le jeu de la bouteille, elle pointe sur un de nos amis (le plus « kissable ») et on peut alors lui envoyer un baiser. L’idée derrière cette application est bien entendu d’accéder au réseau d’amis de chaque utilisateur Facebook qui joue avec l’application. La stratégie d’associer le produit à l’envie d’être le plus attirant est parfaitement en accord avec le désir de bien paraître sur une page Facebook. En ce sens, le produit est associé à une valeur positive et l’utilisateur peut se servir de l’application pour se rendre plus « attirant » et même pour flirter.

Concours photo

Dans la foulée de la campagne, l’agence a aussi créé un concours pour trouver la personne la plus « kissable » en Amérique. Chaque participant envoyait sa photo et recevait un widget qu’il pouvait intégrer à sa page Facebook pour recevoir des votes. Le widget permettait aussi de segmenter le marché en autorisant les participants à voter pour des personnes provenant de leur ville ou de leur région.

Vidéos en ligne

Enfin, c’est grâce aux nombreux vidéos mis en ligne que la marque a su démontrer le plus de créativité. En choisissant une approche irrévérencieuse et en prenant même le risque de ridiculiser son propre produit, la campagne a été un succès avec plus de 4 millions de vues. Il faut dire que son principal compétiteur, Crest, avait connu du succès en 2008 avec la campagne « You can say anything with a smile » qui présentait une série de vidéo à l’humour noir ventant le pouvoir d’un sourire. Ce qui est intéressant avec Colgate, c’est que la campagne vidéo s’est servie de youtubers déjà célèbres pour promouvoir son produit dans différentes niches. Par exemple, on cherchait à atteindre un public plus masculin avec la vidéo de kip kay « Quick dram gadget »et un public plus féminin avec les tutoriels beauté de Michelle Phan.

L’entreprise a aussi pris le risque de rire de son propre produit avec une fausse « infopub » qui parodie à merveille le genre.

L’association avec College Humor pour plusieurs de ces vidéos, dont une où l’on voit un gars dans la rue qui crie ses messages Twitter donne aussi un ton très irrévérencieux à la campagne. Cependant, l’entreprise a manqué de courage en interdisant la publication de commentaires sur certains de ces vidéos. Une pratique qui n’encourage pas le dialogue avec les consommateurs et à contresens du 2.0.

La campagne de Big Fuel a donc été un succès et l’agence se targue d’avoir atteint 5 fois ses objectifs « d’engagement » du consommateur avec 6 millions de personnes qui ont participé à la campagne en passant plus de 10 secondes sur l’une ou l’autre des plateformes.

Après le « buzz », que reste-t-il?

Bien que le produit ait été lancé avec succès grâce à sa campagne intégrant le 2.0, on peut se demander si à la base, le Wisp est un produit qui correspond bien aux valeurs de son public cible? Qui dit jeune public urbain, dit public conscientisé au plan écologique. Le problème avec le Wisp, c’est qu’il s’agit d’un produit jetable après utilisation unique et qui vient dans un emballage multiple. Ce n’est pas exactement un achat vert. Ce point a d’ailleurs déjà été soulevé sur différents blogues comme fitsugar et bakereg qui dénoncent le produit pour son aspect anti-environnemental. D’un autre côté, son aspect pratique et innovant semble séduire le consommateur et le Wisp a récemment gagné le prix « product of the year » aux États-Unis dans la catégorie « Oral care ». L’entreprise a augmenté de 5.6% ses parts de marché au niveau des brosses à dents manuelles avec un record de 31,5% des parts de marchés totales et le Wisp représente à lui seul, 4.9% de ses parts de marché. Des chiffres prometteurs pour le petit nouveau et qui donnent certainement envie aux actionnaires de continuer à investir dans le « kissable ».

L’art de l’excellence… ou comment être un gage de ce petit plus qui fait la différence

Le groupement des Hôtels Fairmont est certainement la plus connue des entreprises de gérance d’hôtels de luxe en Amérique du Nord. Non seulement une réputation construite sur un rayonnement nord-américain la précède, mais le marché international est désormais séduit par cette chaîne hôtelière qui ne s’impose à elle-même rien de moins que l’excellence.

Soucieuse d’étendre sa renommée d’un bout à l’autre du globe, la compagnie a pris son identité numérique en main afin d’élargir sa clientèle. Quoi de mieux pour rejoindre des milliers de voyageurs, clients actuels, prospects ou potentiels, qu’une stratégie numérique intégrée, capable de cibler chaque individu, où qu’il soit sur la planète. Les Hôtels Fairmont l’ont bien compris.

Le défi est donc de taille : Comment accroître leur renommée internationale alors que déjà, leur réputation n’est plus à faire, et ce, de Montréal à Beijing, en passant par Dubai ?

UNE REFONTE NÉCESSAIRE

Tout d’abord, tel que nous le décrit si bien la compagnie Accenture, qui a conseillé les Hôtels Fairmont dans leur stratégie de e-commerce, les objectifs premiers de l’entreprise dans la refonte de sa stratégie numérique étant : 1) D’améliorer sa capacité à faire connaître ses produits aux particuliers 2) De convaincre les clients potentiels d’opter pour un hôtel Fairmont et 3) De fournir au client un service en ligne sans pareil, d’importants changements ont dû être apportés à sa structure web. Par la mise sur pied du programme de fidélisation Club du Président et par l’amélioration de la base de données clients, Fairmont avait maintenant tout en main pour entreprendre une croisade numérique prometteuse. L’entreprise pouvait alors cibler des segments de marché par des messages personnalisés, assurer une meilleure gestion du programme de fidélisation et trouver de nouveaux clients et les fidéliser.

DES ÉCHANGES PERSONNALISÉS, LA CLÉ DU SUCCÈS

En fait, l’organisation avait déjà compris que les médias numériques représentent une arme sans pareille pour sa quête de l’international. Son omniprésence sur Twitter (@fairmonthotels) en témoigne, mais surtout la dynamique instaurée par l’entreprise pour stimuler l’échange avec sa clientèle.

Exemple d'échanges Twitter entre Fairmont et sa clientèle

Lui permettre de vivre une expérience unique, nid de souvenirs impérissables, dans un environnement où le service est impeccable et les lieux, inoubliables. Voilà un élément clé de la philosophie de Fairmont qui transparaît aisément par la consultation de quelques simples défilements de tweets échangés. Oui, une promotion par ci, une description de services par là, mais autant de mots de reconnaissance, de trucs, de conseils personnalisés à chaque abonné qui prend la peine d’adresser ses 140 caractères au gestionnaire Twitter de l’hôtel visé. Plusieurs grands hôtels ont certainement cette prétention d’offrir un service unique sur Twitter. Certes, les Trump Collection (@TrumpCollection), Four Season (@FourSeasons) et Hilton (@HiltonOnline) se sont tous lancés dans l’utilisation du média, mais leur présence semble somme toute qu’un nouveau prétexte de promotion, à une exception près du groupe Starwood Buzz (@StarwoodBuzz). À l’image des Hôtels Fairmont, le groupe investit un temps considérable à interagir directement avec sa clientèle branchée. Encore là, Fairmont est sans égale puisqu’un bémol s’impose dans l’attitude de Starwood, soit les réponses impersonnelles et toutes faites, qui témoignent d’une reconnaissance réflexe, et non d’un véritable investissement humain pour une expérience privilégiée et authentique. Fairmont démontre ce souci assuré de l’excellence. Dans cette même lignée, prenez quelques instants pour consulter certains identifiants Twitter Fairmont pour réaliser que cette philosophie globale affecte chaque établissement du groupement, où qu’il soit… qui a dit expérience authentique à saveur locale?

UNE STRATÉGIE INTÉGRÉE

L’entreprise des Hôtels Fairmont ne s’est pas arrêtée là, elle a su intégrer ce nouveau média au sein d’une campagne qui se veut adaptée aux nouvelles réalités numériques. Non seulement elle se démontre active sur Twitter et Flickr, mais sa présence s’étend partout sur la toile. Propriétaire d’une vitrine informative et transactionnelle impeccable à fairmont.com, elle offre aussi la possibilité d’être parmi ses 10 000 amis sur Facebook, une fan page bourrée d’éloges, même si on peut aussi y rencontrer certaines plaintes, gérées toutefois avec simplicité, professionnalisme et rapidité.

Exemple de gestion de plainte sur Facebook

Non seulement vous pouvez y témoigner de votre expérience dans un des établissements de renom, mais aussi y consulter directement les tweets les plus récents et y visionner la bibliothèque de dizaines de vidéos YouTube, par exemple, celui de Joseph Thornley, chef de la direction de Thornley Fallis.

De plus, un fil RSS est aussi mis à la disposition de la clientèle où il est possible de consulter les promotions, les communiqués de presse, l’information sur les services. Finalement, le groupe offre un site exclusif où chacun peut partager SON expérience inoubliable. Photos, commentaires, témoignages y sont partagés sur cette plate-forme de la génération des réseaux sociaux nommée Everyone’s an Original… très évocateur.

Enfin, personne ne pourra nier la notoriété toujours florissante des Hôtels Fairmont ni s’objecter au fait que le groupement a réussi haut-la-main à s’imposer comme une entreprise d’excellence par l’intermédiaire, entre autres, de Twitter. Il suffit de quelques clics à travers les sites de tourisme tel que Trip Advisor pour se convaincre de leur réussite, sur tous les points. Mais prenez aussi quelques minutes pour lire les articles d’Anne-Marie Cordeau et de Benoit Grenier sur le sujet, Fairmont à réellement trouvé comment faire de l’excellence un art!

Source: Comme un bruit de Twitter dans l’hôtel

La guerre de l’eau

L’industrie de l’eau embouteillée a bien mauvaise presse ces temps-ci. Déjà critiquée de part et d’autre pour ses activités polluantes, la transparence des stratégies marketing de cette industrie est mise à jour par une étonnante vidéo: .

Ce petit film d’animation de l’activiste Annie Leonard révèle, en quelques minutes, les rouages et les effets navrants de cette industrie. Avec près d’un million de visionnements sur Youtube (sans compter ceux sur le site The Story of Stuff), c’est un exercice de vulgarisation exemplaire et une stratégie de communication virale très réussie.

Cet engouement n’est pas prêt de s’estomper, puisque le sujet est aussi pertinent aujourd’hui qu’il l’était il y a six mois et qu’il le sera dans les mois futurs (sinon les prochaines années). De plus, cette animation sert parfaitement la cause du lobby anti-bouteilles en constituant à la fois un outil d’éducation efficace et une tactique de communication efficiente et relativement bon marché.

The Empire Strike Back

The Story of Bottled Water fait bien mal paraître une industrie qui recherche des arguments favorables à sa cause. Pour défendre son image et ses intérêt$, l’International Bottled Water Association s’est également mise à la page du web 2.0.

Le site Bottled Water Matters s’inscrit dans cette stratégie d’intégration des médias sociaux. Les principaux éléments de la recette 2.0 y sont tous : Facebook (4000 fanatiques), Twitter (1450 suiveux) et Youtube, avec une série de vidéos de facture amateur, inodore et même un peu déphasée… Car si le bon goût est une chose discutable, l’intelligence des  internautes pourrait être froissée par la mise en scène faussement «grass root» de Bottled Water: Show your support (c’mon!). Même le film d’animation The Real Story of Bottled Water semble manquer sa cible. Une bien faible  contrepartie au film d’Annie Leonard.

On ne peut donc pas conclure à un grand succès de communication dans le cas de l’industrie de l’eau embouteillé. Peut-être n’a-t-elle pas encore trouvé la bonne recette ou bien ses objectifs sont tout simplement trop mercantiles pour véritablement  mobiliser la population. Leur cause manquerait-elle un peu de saveur?

Découverte et Plaisir sont au rendez-vous

Pour promouvoir la 99e édition d’Expo Québec qui aura lieu du 18 au 29 août 2010, les organisateurs de l’événement, secondé par l’agence Brad, se sont lancés sur les réseaux sociaux.

Ils cherchent de ce fait à intéresser le maximum de gens à la plus grande foire agricole de l’est du Canada. Ils ont créé des capsules vidéo diffusées sur YouTubePlaisir et Découverte, deux personnages de dessin animé, se taquinent lors d’une fête foraine. À l’aide d’une technologie numérique, l’utilisateur choisit la destinée des bonshommes.

Les internautes peuvent ensuite discuter de leur expérience sur le blogue de même que sur les pages Facebook et Twitter créées pour l’occasion. Ceci permet de faire connaître Expo Québec à un plus large auditoire.

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