Réussir à dépoussiérer le théâtre classique avec les médias sociaux

Même s’il est trop souvent perçu comme ennuyant par la nouvelle génération, le théâtre classique peut se renouveler pour l’interpeller davantage. C’est à ce moment précis que les médias sociaux entrent en jeu. La stratégie innovatrice déployée par Phéromone en 2010 pour Le Bourgeois gentilhomme inspirera sans doute les agences à l’affût des nouvelles technologies!

L’agence d’interactions Phéromone se spécialise dans les conversations créées sur les médias sociaux et a développé une stratégie de communication très moderne pour le Théâtre du Nouveau Monde (TNM). Qui a dit que le théâtre classique ne pouvait pas faire bon ménage avec les médias sociaux? Puisque la compagnie présentait Le Bourgeois gentilhomme de Molière au début de 2010 et qu’elle désirait attirer une nouvelle clientèle, l’agence eue l’ingéniosité de donner vie, sur Twitter, à trois personnages de la production française : M. Jourdain, Mme Jourdain et Dorimène.

En plus de vouloir créer un engouement autour de la compagnie et de sa production, le TNM avait pour objectifs : d’apprendre « à mieux tirer parti des réseaux sociaux et mieux comprendre les comportements des clients dans un environnement 2.0 », d’après le site de Phéromone, et de vendre le plus de billets possible! Après deux semaines, Phéromone a remarqué que les interactions étaient encore peu nombreuses et que les journalistes tardaient à parler du projet. Malgré le fait que la stratégie fût minutieusement planifiée au départ avec des scénarios béton, il est difficile de prévoir TOUTES les réactions ou les interactions sur le Web. Alors, l’équipe s’est ajustée rapidement en ajoutant le personnage de Dorimène, en envoyant un communiqué de presse aux journalistes et en concentrant les efforts de communication sur Twitter. En un mois, les protagonistes ont communiqué entre eux, avec les internautes et les personnes influentes dans le milieu sous la forme d’alexandrins bien construits.

Au final, la campagne a remporté deux prix en 2010, l’un pour la meilleure utilisation d’un microblogue (Twitter) lors des Bees Awards (premier concours international sur les médias sociaux) et l’autre dans la catégorie « Approches interactives média unique » à la remise des Prix Média Infopresse. Les personnages ont attiré 1 045 abonnés sur Twitter, lancé plus de 1 000 tweets et généré une visibilité incroyable pour la pièce, mais aussi pour le TNM! Au moment des représentations, les salles étaient effectivement bondées et il y a eu bon nombre de supplémentaires. Cette initiative interactive de Phéromone a équivalu à « une campagne de placement de plusieurs dizaines de milliers de dollars »! Alors, dépoussiérer le théâtre classique de l’auteur Molière à l’aide des médias du temps moderne… Voilà une idée de génie!

Je crois que les entreprises culturelles doivent profiter de ce nouveau moyen communicationnel que sont les médias sociaux pour aller chercher entre autres la nouvelle génération branchée, mais le grand défi est de savoir comment s’y prendre. Ces nouveaux médias peuvent apporter beaucoup plus que ce que certaines d’entre elles peuvent en penser! Et une stratégie comme celle-là, imaginez les possibilités du futur!

Pour en savoir plus sur la campagne de Phéromone, visitez :

http://www.pheromone.ca/presentation/bourgeois_gentilhomme/

http://www2.infopresse.com/blogs/actualites/archive/2010/01/05/article-33441.aspx

Par Émilie Monette, étudiante en communication appliquée

Campus Longueuil de l’Université de Sherbrooke

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« Be more kissable » stratégie 2.0

De l’innovation vers le 2.0

En avril 2009, Colgate a lancé son nouveau produit, le « Wisp », une mini brosse à dents à usage unique avec dentifrice intégré.

Le public cible : les jeunes urbains entre 18 et 25 ans. L’agence de marketing Big Fuel  a misé sur une stratégie 2.0 pour rejoindre le public cible. Ils ont créé une application Facebook, des vidéos en ligne et un concours de photo, tous autour du thème : « Be more kissable ». Le défi de l’agence était de trouver une approche pour engager le jeune consommateur vers la marque. La brosse à dents n’étant pas à première vue un produit cool à promouvoir via son réseau social, l’idée d’arrimer le produit à l’image « More kissable » a fait son chemin.

Application Facebook

Le concept de cette application est de reprendre le jeu « spin the bottle » pour devenir « spin the Wisp ». En faisant tourner la brosse à dents comme dans le jeu de la bouteille, elle pointe sur un de nos amis (le plus « kissable ») et on peut alors lui envoyer un baiser. L’idée derrière cette application est bien entendu d’accéder au réseau d’amis de chaque utilisateur Facebook qui joue avec l’application. La stratégie d’associer le produit à l’envie d’être le plus attirant est parfaitement en accord avec le désir de bien paraître sur une page Facebook. En ce sens, le produit est associé à une valeur positive et l’utilisateur peut se servir de l’application pour se rendre plus « attirant » et même pour flirter.

Concours photo

Dans la foulée de la campagne, l’agence a aussi créé un concours pour trouver la personne la plus « kissable » en Amérique. Chaque participant envoyait sa photo et recevait un widget qu’il pouvait intégrer à sa page Facebook pour recevoir des votes. Le widget permettait aussi de segmenter le marché en autorisant les participants à voter pour des personnes provenant de leur ville ou de leur région.

Vidéos en ligne

Enfin, c’est grâce aux nombreux vidéos mis en ligne que la marque a su démontrer le plus de créativité. En choisissant une approche irrévérencieuse et en prenant même le risque de ridiculiser son propre produit, la campagne a été un succès avec plus de 4 millions de vues. Il faut dire que son principal compétiteur, Crest, avait connu du succès en 2008 avec la campagne « You can say anything with a smile » qui présentait une série de vidéo à l’humour noir ventant le pouvoir d’un sourire. Ce qui est intéressant avec Colgate, c’est que la campagne vidéo s’est servie de youtubers déjà célèbres pour promouvoir son produit dans différentes niches. Par exemple, on cherchait à atteindre un public plus masculin avec la vidéo de kip kay « Quick dram gadget »et un public plus féminin avec les tutoriels beauté de Michelle Phan.

L’entreprise a aussi pris le risque de rire de son propre produit avec une fausse « infopub » qui parodie à merveille le genre.

L’association avec College Humor pour plusieurs de ces vidéos, dont une où l’on voit un gars dans la rue qui crie ses messages Twitter donne aussi un ton très irrévérencieux à la campagne. Cependant, l’entreprise a manqué de courage en interdisant la publication de commentaires sur certains de ces vidéos. Une pratique qui n’encourage pas le dialogue avec les consommateurs et à contresens du 2.0.

La campagne de Big Fuel a donc été un succès et l’agence se targue d’avoir atteint 5 fois ses objectifs « d’engagement » du consommateur avec 6 millions de personnes qui ont participé à la campagne en passant plus de 10 secondes sur l’une ou l’autre des plateformes.

Après le « buzz », que reste-t-il?

Bien que le produit ait été lancé avec succès grâce à sa campagne intégrant le 2.0, on peut se demander si à la base, le Wisp est un produit qui correspond bien aux valeurs de son public cible? Qui dit jeune public urbain, dit public conscientisé au plan écologique. Le problème avec le Wisp, c’est qu’il s’agit d’un produit jetable après utilisation unique et qui vient dans un emballage multiple. Ce n’est pas exactement un achat vert. Ce point a d’ailleurs déjà été soulevé sur différents blogues comme fitsugar et bakereg qui dénoncent le produit pour son aspect anti-environnemental. D’un autre côté, son aspect pratique et innovant semble séduire le consommateur et le Wisp a récemment gagné le prix « product of the year » aux États-Unis dans la catégorie « Oral care ». L’entreprise a augmenté de 5.6% ses parts de marché au niveau des brosses à dents manuelles avec un record de 31,5% des parts de marchés totales et le Wisp représente à lui seul, 4.9% de ses parts de marché. Des chiffres prometteurs pour le petit nouveau et qui donnent certainement envie aux actionnaires de continuer à investir dans le « kissable ».

La guerre de l’eau

L’industrie de l’eau embouteillée a bien mauvaise presse ces temps-ci. Déjà critiquée de part et d’autre pour ses activités polluantes, la transparence des stratégies marketing de cette industrie est mise à jour par une étonnante vidéo: .

Ce petit film d’animation de l’activiste Annie Leonard révèle, en quelques minutes, les rouages et les effets navrants de cette industrie. Avec près d’un million de visionnements sur Youtube (sans compter ceux sur le site The Story of Stuff), c’est un exercice de vulgarisation exemplaire et une stratégie de communication virale très réussie.

Cet engouement n’est pas prêt de s’estomper, puisque le sujet est aussi pertinent aujourd’hui qu’il l’était il y a six mois et qu’il le sera dans les mois futurs (sinon les prochaines années). De plus, cette animation sert parfaitement la cause du lobby anti-bouteilles en constituant à la fois un outil d’éducation efficace et une tactique de communication efficiente et relativement bon marché.

The Empire Strike Back

The Story of Bottled Water fait bien mal paraître une industrie qui recherche des arguments favorables à sa cause. Pour défendre son image et ses intérêt$, l’International Bottled Water Association s’est également mise à la page du web 2.0.

Le site Bottled Water Matters s’inscrit dans cette stratégie d’intégration des médias sociaux. Les principaux éléments de la recette 2.0 y sont tous : Facebook (4000 fanatiques), Twitter (1450 suiveux) et Youtube, avec une série de vidéos de facture amateur, inodore et même un peu déphasée… Car si le bon goût est une chose discutable, l’intelligence des  internautes pourrait être froissée par la mise en scène faussement «grass root» de Bottled Water: Show your support (c’mon!). Même le film d’animation The Real Story of Bottled Water semble manquer sa cible. Une bien faible  contrepartie au film d’Annie Leonard.

On ne peut donc pas conclure à un grand succès de communication dans le cas de l’industrie de l’eau embouteillé. Peut-être n’a-t-elle pas encore trouvé la bonne recette ou bien ses objectifs sont tout simplement trop mercantiles pour véritablement  mobiliser la population. Leur cause manquerait-elle un peu de saveur?

NYT empêché de gazouiller!

Alors qu’on ouvre le frigidaire en se mouchant dans un kleenex tout en s’enroulant dans le fil de notre iPod, l’Office de la langue française propose que les microblogueurs rédigent des microbillets sur un microblogage.

Cette suggestion est venue à la suite d’une demande de Phil Corbett, responsable des normes linguistiques au New York Times. Ce dernier somme les journalistes du journal de cesser l’utilisation du mot Twitter sous forme de verbe et de nom. M. Corbett prétexte que ce réseau social est trop récent et qu’un autre pourrait l’anéantir à l’instar du VHS contre Beta.

L’explosition de la publicité

Dimanche dernier, je suis tombée sur un intéressant reportage de l’émission Panorama de la chaîne TFO qui traite de la publicité sur Internet. Je vous en propose le visionnage, car il donne l’heure juste sur la situation de la publicité mobile, du marketing viral et du géomarketing, entre autres.

Sans doute, on assiste à une explosion de la publicité. Une panoplie de lieux, de concepts, de stratégies naissent, progressent et s’adaptent à une vitesse impressionnante. Est-ce menaçant?! Je ne sais pas, mais il faut prévoir trouver de la publicité partout, tout le temps. Avec le géomarketing, une notion que j’ai découverte dans le reportage, on peut même s’attendre à apercevoir de la publicité française sur un site anglais visité, en raison des informations transmises par notre ordinateur sur notre provenance, par exemple.

Est-ce dire que toutes les règles sont permises dans ce foisonnement publicitaire?

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