Bien se connaître: La clé du succès?

La plupart d’entre vous ont sûrement déjà vécu la situation à laquelle j’ai dû faire face tout récemment : une entrevue pour un nouvel emploi. Étape cruciale dans le processus de sélection des ressources humaines, nul ne peut y échapper. Très souvent, on se demande : <<comment bien se préparer pour une entrevue? >> et l’on redoute les questions personnelles qui se rapportent à nos forces et faiblesses, à notre environnement de travail optimal et à nos valeurs.

Dans un monde rempli d’opportunités et où les gens aspirent à avoir plus de responsabilités, il est maintenant primordial de pouvoir mettre des réponses claires sur ces points. Seulement ceux parvenant à bien se connaître détiendront la clé du succès pour vivre une vie professionnelle à la hauteur de leur ambition et développer un haut niveau d’excellence.

Cela devient également intéressant pour ceux qui aspirent à devenir gestionnaires dans un environnement où le travail d’équipe est primordial. Pourquoi? Le leadership étant une compétence essentielle à acquérir par tout bon gestionnaire, une connaissance approfondie de lui-même lui donnera également de meilleurs moyens pour gérer son équipe.

Réflexion personnelle

Peter F. Drucker est l’un des chercheurs à avoir étudié l’importance de bien se connaître pour obtenir le succès souhaité. Son article <<Managing Oneself>> paru dans le Harvard Business Review aborde le fait que chaque individu à la responsabilité de trouver sa niche dans le monde du travail et de rester productif et engagé durant toute sa carrière. Pour accomplir cela, une réflexion approfondie de soi est nécessaire, car le succès n’arrive qu’à ceux connaissant leurs forces, leurs valeurs et leurs conditions pour se développer. Il propose donc de faire une pause et d’évaluer les points suivants :

  1. Quelles sont mes forces?
  2. Dans quelles conditions suis-je performant?
  3. Quelles sont mes valeurs?
  4. Quel est mon environnement (type de travail) optimal?
  5. Quelle devrait être ma contribution?

Qui suis-je vraiment?

Pour Draker, une personne doit se concentrer uniquement sur ses forces pour être efficace. En d’autres mots, ne tentez pas d’améliorer une faiblesse dont vous savez pertinemment que c’est perdu d’avance. Un moyen efficace pour déterminer ses forces est de procéder à une rétroaction de tâches que vous avez accomplies. Regardez ce qui a bien marché et ce qui a moins bien fonctionné. Sur une période de temps donnée, cela va vous permettre de bien cerner les secteurs où vous êtes le moins compétent et ceux où vous n’avez aucune force. Pour faire suite, améliorer simplement vos compétences en lien avec vos forces et vos mauvaises habitudes; combler vos connaissances au besoin. N’entreprenez pas ou déléguez des tâches hors de votre expertise.

Également, il est bon de savoir votre façon de travailler et d’apprendre. Comme les forces, votre façon de travailler est unique et est en lien avec votre personnalité. Êtes-vous une personne qui aimer recevoir les tâches à effectuer à l’écrit ou à l’oral? Quelle est votre méthode préférée pour apprendre? Êtes-vous quelqu’un de solitaire ou travailler avec d’autres vous attire davantage? Si vous aimez les relations interpersonnelles, dans quel genre de relation (hiérarchique, équipe de travail, etc.)? D’autres questions peuvent également être posées, mais l’objectif est toujours de garder en tête vos préférences. Un climat optimal va permettre d’être beaucoup plus performant et engagé.

De son côté, la reconnaissance de votre système de valeurs va vous permettre de déterminer dans quel genre d’organisation vous excellez le mieux. Ce principe est simple et part du fait que même une organisation, agissant comme une personne morale, instaure ses propres valeurs. Si les valeurs d’une personne ne sont pas compatibles avec celles de son entreprise, une tension surgira. Dans tous les cas, la performance sera réduite et empêchera toute chance d’épanouissement et de succès professionnel.

L’environnement optimal est la prochaine question à laquelle vous devez tenter de trouver réponse. En fait, pour Draker, l’environnement de travail peut englober plusieurs aspects comme la grosseur de l’organisation, le domaine d’activités en passant par une carrière bien décidée. Par exemple, si vous n’êtes pas une personne aimant prendre des décisions importantes, n’envisagez pas une opportunité ayant ce type de responsabilité. Connaître son environnement optimal revient donc à être en mesure de déterminer si une offre, une opportunité ou même une tâche vous intéresse et de la réaliser en tenant compte de vos connaissances sur vous-même. La plupart des gens, surtout ceux possédant plusieurs talents, ne savent pas la réponse à cette question avant la mi-vingtaine voire plus. Cependant, vous devriez à cet âge posséder la réponse aux trois premières questions.

Finalement, pour obtenir le succès tant convoité dans votre vie professionnelle et voir votre excellence reconnue, il est nécessaire de se donner des objectifs à atteindre. À partir de ce moment, tous vos choix devraient avoir un sens, vous aider à réaliser ce que vous voulez accomplir. Fixer des objectifs qui peuvent être mesurés après une  période dite réaliste; ne regardez pas trop dans le futur par peur de devenir trop ambigu dans vos décisions.

Bâtir une équipe solide

L’approche de Druker est simple en soi. Se connaître soi-même nous permet de comprendre bien des principes liés aux relations interpersonnelles. C’est pour cela qu’au tout début, j’ai fait mention de sa véracité pour les gestionnaires qui doivent composer une équipe de travail. Dans le cadre d’un projet, l’élément clé de son succès est sans contredit l’équipe qui lui est vouée. Lors de la phase d’exécution, le chargé de projet devra amener son équipe à performer et devra faire preuve de leadership pour mener à bien cette mission.

Faire preuve d’introspection, le fait de bien se connaître permettra à un gestionnaire de comprendre le principe que chaque membre de son équipe est aussi une personne en soi avec ses propres forces, ses propres valeurs et ses propres façons de travailler. Accepter ce fait revient à dire qu’il pourra instaurer un meilleur système de communication au sein de l’équipe et ainsi minimiser la gestion de crise. Daniel Goleman est un autre chercheur qui pense également de la même façon. Dans son article << What makes a leader?>>, il démontre que les qualités traditionnelles, comme l’intelligence, la détermination et détenir une certaine vision, sont essentielles pour être un bon leader, mais insuffisantes pour atteindre le succès. <<L’intelligence émotionnelle>> est ce qui distingue les gestionnaires les plus efficaces et ce terme englobe le fait de bien se connaître, l’autorégulation de soi, la motivation et les qualités interpersonnelles.

Une personne se connaissant bien est donc plus apte à former de meilleures relations au sein d’une équipe. On ne le dira jamais assez, mais la communication est l’élément fondateur de toutes équipes performantes et efficaces. <<The new science of building great teams>> est également un article qui admet que la communication améliore grandement la productivité. Des coéquipiers partageant leurs forces, leurs valeurs, etc. trouveront de meilleures solutions pour réellement travailler en équipe face à un obstacle que de réagir au problème de façon plus individuelle.

Mise en pratique

Selon moi, une technique comme <<Forming, Storming, Norming and Performing>> est un bon moyen pour les gestionnaires de projet, qui adhèrent à ce principe, de mettre en oeuvre leur nouvelle connaissance de soi et ce que l’exercice peut leur avoir apporté en fait de prise de conscience envers les relations d’équipe. Lors de ces phases, surtout celles de <<Forming>> et <<Storming>>, l’instauration d’un système de communication permettant à chaque membre de l’équipe d’extérioriser leur for intérieur ne pourra qu’être bénéfique pour gérer l’équipe efficacement par la suite.

Qu’en pensez-vous?

  • DRUKER, Peter F. (2005), <<Managing Oneself>> in Harvard Business Review [En ligne]
  • GOLEMAN, Daniel (2004), <<What makes a leader?>>in Harvard Business Review [En ligne]
  • GOLEMAN,Daniel (1995), Emotional Intelligence, New York, Bantam Books, 384 pages.
  •  MIND TOOLS, <<Forming, Storming, Norming and Performing>> [En ligne]
  •  PENTLAND, Alex (2012), <<The new science of building great teams>> in Harvard Business Review [En ligne]
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