Pour limiter les écarts de conduite

Un an après une première démarche de sensibilisation, la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) récidive avec une seconde campagne sur les dangers de l’utilisation du téléphone cellulaire au volant. Celle-ci  vise tous les conducteurs, mais surtout ceux de moins de 35 ans, et tente de leur faire délaisser cette dangereuse habitude.

La campagne de sensibilisation, diffusée du 30 septembre au 28 octobre 2012, est déclinée en trois volets distincts, dont le premier est une publicité télévisée.  On y compare humoristiquement la voiture et le cellulaire à leurs  « ancêtres » (cheval, cariole, plume et encrier, télégraphe, machine à écrire, etc.) pour prouver, dans une conclusion dramatique, que « texter » en conduisant est une tendance récente qui peut avoir de funestes conséquences.

Le deuxième volet s’articule quant à lui en trois publicités radiophoniques anglophones dont le thème principal est «Chaque lettre peut tuer» («U» killed me. «J» killed him.) Le même modus operandi est utilisé : choquer pour faire réagir.

Évidemment, l’objectif de la SAAQ est de sauver des vies, de diminuer le nombre d’accidents et, globalement, d’améliorer la sécurité sur les routes du Québec. En effet,  l’usage du cellulaire au volant augmenterait jusqu’à vingt fois les risques de faire un accident.

Pour ce faire, la société d’État mise sur la stratégie du choc et de la peur, en illustrant les conséquences tragiques que peut provoquer la distraction que procure le cellulaire durant la conduite automobile.

Sa tactique s’articule également  sur la répétition, qui, à long terme, permet d’enraciner le message dans l’esprit de sa cible. En somme, la SAAQ espère provoquer une réaction suffisamment forte  et durable chez son public pour qu’il abandonne de lui-même le comportement ciblé.

L’originalité de cette campagne réside toutefois dans son troisième volet, une application mobile bloquant les messages textes entrants lorsque l’utilisateur conduit. Ainsi, la SAAQ rejoint sa cible à la source même du problème : dans l’appareil. Or, l’application n’est pas disponible sur toutes les plateformes, ce qui en limite la portée.

En outre, même si l’objectif de cette campagne est louable, je doute qu’elle obtienne le succès escompté.  Une brève campagne annuelle ne suffit pas : pour changer un comportement, il faut que le message soit diffusé sur une plus longue période.

De plus, malgré une loi qui punit ce comportement depuis 2008, les statistiques le démontrent: les Québécois continuent d’utiliser leur téléphone sur la route même s’ils sont conscients des dangers que cela représente. Le nombre d’infractions recensées a triplé en trois ans, passant de 18 248 en 2008 à 56 598 en 2011. De plus, même si 99% des répondants à un sondage estiment ces pratiques dangereuses, 53% admettent parler au téléphone et 17% avouent écrire ou lire des messages textes en conduisant.

Je suis donc d’avis que seule la coercition peut réellement renverser le comportement indésirable, car d’en connaître les possibles conséquences ne suffit vraisemblablement pas. Des amendes plus salées et le retrait du permis de conduire, par exemple, seraient des moyens dissuasifs beaucoup plus efficaces.

Sources:

http://www.saaq.gouv.qc.ca/prevention/cellulaire/campagne_2012/index.php

http://www.journaldequebec.com/2012/10/01/nouvel-outil-de-lutte

http://www.youtube.com/watch?v=yoGw5lDAYdQ

http://www.saaq.gouv.qc.ca/prevention/cellulaire/statistiques.php

http://www.journaldemontreal.com/2012/09/30/accros-aux-textos-en-auto

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