Action gouvernementale et communication : cas du ministère de la Construction et de l’Urbanisme en Côte d’Ivoire. Analyse critique.

La politique est la conduite des affaires publiques dans la cité en tant que polis (ville). Le terme « cité » devant être pris au sens de réceptacle, de creuset national qui rassemble tous les citoyens de la République vue comme le Politikos ou « cadre général d’une société bien organisée et développée » 1. La politique est donc dynamique, tournée vers l’action de développement économique, social, culturel, etc. de la société. Les actions dont il s’agit sont conçues et décidées au sommet de l’État par le dirigeant que le peuple a désigné (le primus inter pares), mais mises en musique par un gouvernement. Parlant de dirigeant désigné, nous en inférons que la politique est une forme de structuration méthodique, théorique et pratique (Politeia) 2 de la cité qui fonde la démocratie prise dans son acception grecque de pouvoir exercé par le peuple. Si le pouvoir politique est établi par le peuple, le gouvernement mis en place par ce pouvoir, en tant que maître d’œuvre de la chose politique, doit rendre compte au peuple en communiquant avec lui.
Quelle est l’utilité de la communication pour un gouvernement ? Quel regard appliquons-nous sur la pratique communicationnelle du ministère de la Construction et de l’Urbanisme en Côte d’Ivoire ?

Dans un système démocratique, le peuple (demos) a le droit de savoir comment sont gérées les affaires de la cité pour exercer son pouvoir (cratos) de contrôle, d’approbation ou de sanction. Outre ses devoirs régaliens de gestion et de développement, le gouvernement (l’exécutif) a également le devoir d’expliquer et de montrer ce qu’il entreprend pour le peuple en vue de susciter la compréhension, la sympathie, l’adhésion et la participation de celui-ci. Bien faire et faire savoir s’érigent en un diptyque sur lequel s’appuie l’action gouvernementale. Ainsi, toutes les actions menées, toutes les mesures arrêtées et toutes les décisions prises par le gouvernement devraient-elles faire l’objet d’une campagne d’information ou de sensibilisation. Non seulement parce que le peuple est bénéficiaire de l’action gouvernementale, mais en plus il est constitué de contribuables imposés qui supportent financièrement l’État.

Si la communication demeure pour tout gouvernement le principal support de l’ouverture et de la transparence, cette réalité s’applique bien au gouvernement de la République de Côte d’Ivoire dont le ministère de la Construction et de l’Urbanisme est l’émanation.

Ce grand département ministériel gère le patrimoine immobilier de l’État, fait de la restructuration urbaine et de l’aménagement, réalise des plans d’urbanisme directeur (PDU) et des lotissements, délivrent des agréments de promotion immobilière, ainsi que divers actes administratifs dont des arrêtés de concession provisoire ou définitif (titre foncier), des permis de construire, des lettres d’attribution, etc.

Les missions très mal connues de ce ministère sont d’une importance capitale, comme le sont les nombreux actes délivrés, même si les délais de délivrance sont à la tête du client qui crache généralement au bassinet. Face aux plaintes récurrentes des contribuables, le gouvernement a créé il y a quelques années un guichet unique du foncier et de l’habitat censé délivrer dans un laps de temps raisonnable tous les actes qui lui ressortissent. Mais la montagne aura accouché d’une souris.

Un service de la communication pour expliquer et vulgariser les missions et actions gouvernementales a été bien mis en place en 1997. Mais il n’a en réalité jamais fonctionné convenablement. Faute d’objectif clair, de stratégie et de budget. Son rôle s’étant toujours limité à convier les journalistes à l’occasion de sporadiques points de presse ou de séminaires aussi inutiles que nombreux.

Et dans un pays où on casse les ministères comme des pipes à la foire, comment ne pas mentionner que les professionnels de la communication qui exercent dans ce département font régulièrement les frais du système des dépouilles ?

En guise de conclusion, convient-il de faire remarquer à la lumière de ce qui précède qu’une véritable communication gouvernementale ne se pratique que dans un système démocratique. Or, en la matière, l’Afrique est malheureusement une chrysalide qui sort difficilement de son cocon.

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Politique

(2) Idem

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :