Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse Jérémie 9:23-24

Depuis Mathusalem        

La principale source de financement des paroisses repose sur les dons. Le diocèse de Montréal fait donc depuis près d’un quart de siècle une importante collecte annuelle. Les campagnes annuelles du diocèse de Montréal crées par l’agence Bos sont remarquables et ont gagné plusieurs prix et distinctions. La plus récente campagne a notamment remporté le grand prix Créa – Affichage services publics (catégorie publicité à saveur sociétale).

La bonne nouvelle 2011

L’agence Bos et le diocèse de Montréal misent chaque année sur des campagnes-chocs plus originales les unes que les autres. La compagne 2011 se décline principalement de trois façons.

  1. L’affichage de proximité sous le thème « Aime » aux couleurs du « J’aime » de Facebook concilie bien les messages de l’Église avec les réalités modernes des réseaux sociaux.
  2. Trois messages radio qui provoquent un sentiment d’urgence d’agir.
  3. Un panneau publicitaire simple, concis, humoristique, actuel, bien situé et de grand format frappe l’imaginaire des automobilistes de la Rive Sud qui traversent le pont.  Le message « Faites votre prière génère un impact immédiat qui incitent les catholiques non pratiquants à penser à Dieu et à l’Église lors de la Semaine sainte.

Mais ces automobilistes font partie de paroisses du diocèse de Longueuil. Est-ce que cette affiche interpelle les bonnes personnes? Les affiches “J’aime” sont adorables, mais sont-elles efficaces?

Le jugement dernier

Les créatifs cherchent des idées qui vont susciter un buzz — un pont qui peut tomber par exemple.  Mission accomplie, les campagnes font parler d’elles dans plusieurs médias.

Mais, est-ce réellement l’objectif de ces campagnes? Le but premier de la collecte annuelle n’est-il pas de réunir les fonds nécessaires au bon fonctionnement des paroisses du diocèse de Montréal? Malgré la qualité et la créativité de la publicité, le nombre de donateurs diminue chaque année et les dons totaux n’augmentent pas ou peu.  Les dernières campagnes semblent plus des campagnes d’image de marque que des collectes annuelles.

Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse ! Il est peut-être temps de se livrer à la méditation et la contemplation.

http://sophiebeique.wordpress.com/2012/02/03/que-le-sage-ne…jeremie-923-24/ ‎

Action gouvernementale et communication : cas du ministère de la Construction et de l’Urbanisme en Côte d’Ivoire. Analyse critique.

La politique est la conduite des affaires publiques dans la cité en tant que polis (ville). Le terme « cité » devant être pris au sens de réceptacle, de creuset national qui rassemble tous les citoyens de la République vue comme le Politikos ou « cadre général d’une société bien organisée et développée » 1. La politique est donc dynamique, tournée vers l’action de développement économique, social, culturel, etc. de la société. Les actions dont il s’agit sont conçues et décidées au sommet de l’État par le dirigeant que le peuple a désigné (le primus inter pares), mais mises en musique par un gouvernement. Parlant de dirigeant désigné, nous en inférons que la politique est une forme de structuration méthodique, théorique et pratique (Politeia) 2 de la cité qui fonde la démocratie prise dans son acception grecque de pouvoir exercé par le peuple. Si le pouvoir politique est établi par le peuple, le gouvernement mis en place par ce pouvoir, en tant que maître d’œuvre de la chose politique, doit rendre compte au peuple en communiquant avec lui.
Quelle est l’utilité de la communication pour un gouvernement ? Quel regard appliquons-nous sur la pratique communicationnelle du ministère de la Construction et de l’Urbanisme en Côte d’Ivoire ?

Dans un système démocratique, le peuple (demos) a le droit de savoir comment sont gérées les affaires de la cité pour exercer son pouvoir (cratos) de contrôle, d’approbation ou de sanction. Outre ses devoirs régaliens de gestion et de développement, le gouvernement (l’exécutif) a également le devoir d’expliquer et de montrer ce qu’il entreprend pour le peuple en vue de susciter la compréhension, la sympathie, l’adhésion et la participation de celui-ci. Bien faire et faire savoir s’érigent en un diptyque sur lequel s’appuie l’action gouvernementale. Ainsi, toutes les actions menées, toutes les mesures arrêtées et toutes les décisions prises par le gouvernement devraient-elles faire l’objet d’une campagne d’information ou de sensibilisation. Non seulement parce que le peuple est bénéficiaire de l’action gouvernementale, mais en plus il est constitué de contribuables imposés qui supportent financièrement l’État.

Si la communication demeure pour tout gouvernement le principal support de l’ouverture et de la transparence, cette réalité s’applique bien au gouvernement de la République de Côte d’Ivoire dont le ministère de la Construction et de l’Urbanisme est l’émanation.

Ce grand département ministériel gère le patrimoine immobilier de l’État, fait de la restructuration urbaine et de l’aménagement, réalise des plans d’urbanisme directeur (PDU) et des lotissements, délivrent des agréments de promotion immobilière, ainsi que divers actes administratifs dont des arrêtés de concession provisoire ou définitif (titre foncier), des permis de construire, des lettres d’attribution, etc.

Les missions très mal connues de ce ministère sont d’une importance capitale, comme le sont les nombreux actes délivrés, même si les délais de délivrance sont à la tête du client qui crache généralement au bassinet. Face aux plaintes récurrentes des contribuables, le gouvernement a créé il y a quelques années un guichet unique du foncier et de l’habitat censé délivrer dans un laps de temps raisonnable tous les actes qui lui ressortissent. Mais la montagne aura accouché d’une souris.

Un service de la communication pour expliquer et vulgariser les missions et actions gouvernementales a été bien mis en place en 1997. Mais il n’a en réalité jamais fonctionné convenablement. Faute d’objectif clair, de stratégie et de budget. Son rôle s’étant toujours limité à convier les journalistes à l’occasion de sporadiques points de presse ou de séminaires aussi inutiles que nombreux.

Et dans un pays où on casse les ministères comme des pipes à la foire, comment ne pas mentionner que les professionnels de la communication qui exercent dans ce département font régulièrement les frais du système des dépouilles ?

En guise de conclusion, convient-il de faire remarquer à la lumière de ce qui précède qu’une véritable communication gouvernementale ne se pratique que dans un système démocratique. Or, en la matière, l’Afrique est malheureusement une chrysalide qui sort difficilement de son cocon.

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Politique

(2) Idem

Old Spice : stratégie flexible et bien pensée!

Revenons en 2010, Old Spice gels douches et shampooings (OS) lance l’une des plus foudroyantes campagnes de publicité virale de son histoire qui a, pour le moins que l’on puisse dire, fait jaser : plus de 1,5 millions de fans Facebook acquis en un temps record, une augmentation des ventes de plus de 100%. On pourrait spontanément parler de stratégie de communication exemplaire à reproduire. Qu’en est-il?

La stratégie émergeante nous apprend que le principal propulseur fut les médias sociaux. Le génie : y avoir réussi une vraie conversation multidirectionnelle à effet boule de neige entre la marque et les consommateurs. Ainsi, à travers Youtube, Tweeter et Facebook, OS lance une vidéo dérangeante à son public cible qui en retour émet des commentaires à sa communauté qui riposte de plus belle. En quelques heures à peine, OS envoie des réponses vidéo personnalisées pour alimenter la flambée. Ainsi fut créée la communauté OS. La tactique est solide : porte-parole crédible et attrayant, humour génial, vidéos de qualité, équipe prête à répondre sur le champ. Le secret : la stratégie de communication marketing flexible mais bien planifiée. Comment?

D’abord la marque et son public ayant vieilli, OS devait, pour survivre, pénétrer les jeunes marchés émergents en se repositionnant dans les nouvelles habitudes de façon pertinente, crédible et différente. Il fallait frapper fort. L’offre globale véhiculant les mêmes avantages, le marché étant saturé, la solution : voler des parts de marché en se démarquant avec un produit à forte personnalité, offrant une expérience unique, intime, non seulement avec le produit mais avec la communication elle-même. Les médias sociaux étaient le point d’entrée parfait. 60% des femmes l’achètent pour leur homme… que faire? Leur parler.

Ainsi, bien que l’utilisateur du produit demeure l’homme en quête de virilité, OS utilise un corridor de communication qu’elle n’avait pas exploité : elle parle aux femmes. Le message sous-jacent Aie l’homme que tu désires grâce à Old Spice, bien que dérangeant, un brin romantique, revêtant un habillage qui exagère avec humour tout ce qui est séduisant, viril et puissant, à la limite du bon goût, plait aux femmes et met les hommes au défi. OS offre ici un exemple réussi de changement de perspective en conservant la position : mêmes produits répondants aux mêmes besoins, mais dans une nouvelle culture.

De plus, le message respecte parfaitement le positionnement de l’entreprise mère, P&G, transmis par Touching lives, improving life. Les slogans, tel que Smell like a man, man. y adhèrent. Malgré le changement de culture, la cohérence des messages persiste.

Finalement, le momentum de la campagne fut parfaitement contrôlé. L’exagération peut finir par irriter. OS mit délibérément fin à sa campagne, de façon intelligente, au bon moment, avant qu’elle ne soit interprétée négativement. Une dernière vidéo intitulée Toute bonne chose a une fin fut lancée. De cette façon, le ROI de la campagne fut maximisé.

Une stratégie délibérée et une marge de manœuvre pour s’adapter, c’est ainsi qu’OS réussit son tour de force. Serait-ce là son véritable secret : combiner les écoles de la planification et de l’apprentissage selon Mintzberg?

Chose certaine, la stratégie fut transparente et interactivement intelligente. Ce qui lui permit de conserver toute sa crédibilité. Pour ce qui est d’être un exemple à reproduire, plutôt dire à améliorer. Imaginez l’impact si le mix communicationnel avait été plus complet.

La marque, maintenant bien ancrée dans le processus décisionnel des nouveaux consommateurs, sera d’autant plus difficile à repositionner le jour où l’environnement aura changé. Que nous réserve OS? La barre est haute. Dès lors, un spécialiste en stratégie de communication s’avèrera essentiel, qu’en pensez-vous?

Pérou: le succès d’une campagne présidentielle

Je parlerai de la campagne présidentielle du 2011 tenue au Pérou, mon pays d’origine. Spécifiquement, de la stratégie du candidat gagnant, Ollanta Humala.

Cet officier, qui a une sensibilité de gauche, s’est fait connaître sur la scène péruvienne en 2000, lors d’une tentative de coup d’État contre le président Alberto Fujimori. Six ans plus tard, il briguait la présidence en tenant un discours caractérisé par une agressivité martiale. Son échec dans cette élection tiendra finalement à deux choses : ses prises de positions radicales et sa remise en cause du système économique, peu rassurants pour les électeurs péruviens.

En 2011, trois mois avant les élections, Humala avait encore du mal à séduire l’électorat et se classait à la quatrième place dans les sondages. À ce moment, une nouvelle équipe de conseillers a donné un regain de vigueur à sa campagne, qui a permis ce candidat de gagner l’élection. Sa nouvelle stratégie fut inspirée par la métamorphose jadis réussie par Luiz Inácio Da Silva. La recette de “Lulinha paze amor” (“Petit Lula paix et amour”, slogan de sa campagne en 2002), abandonnant l’idéologie radicale, a servi de modèle pour Humala.

En effet,la campagne a été conçue par deux stratèges politiques du Parti des travailleurs brésilien, Luis Fabre et Valdemir Garreta, qui ont axé leur travail sur une modification du discours et de l’image. Ils ont préféré mener une campagne à l’instar de celle qui fut à l’origine du succès de Lula Da Silva en 2002. D’une autre cote, les apports de Luis Costa Bonino, consultant uruguayen d’une vaste expérience avec des partis socialistes en Amérique latine et en Europe, fut également déterminant.

La dernière étape de la campagne d’Ollanta Humala a eu trois composantes: la cible, le message et les médias.

La cible était l’électorat de « fin de saison », autrement dit, la campagne a tenté de conquérir la partie de l’électorat qui se décide à la dernière minute (plus de 50%). Ce groupe est conformé surtout par les désintéressés en politique et les mal informés, qui décident leur vote au dernier moment. Ils sont recrutés principalement parmi les jeunes, la population de faible niveau d’éducation et l’univers rural.

À toutes fins utiles, le candidat avait adapté son discours, qualifié au départ de polémiste et par trop idéologique. Dans ce biais, il réussit à capter cette frange d’électeurs péruviens. Au milieu de sa stratégie était d’éviter les questions controversées, telles que la réforme constitutionnelle et le changement du modèle économique. Ceci, parce que les électeurs de « fin de saison » sont des groupes qui n’aiment pas la politique et qui détestent les conflits.

En relation aux médias, l’axe de campagne choisie par Humala avait été la valorisation de la famille. Sur de belles images diffusées à la télévision, on voyait le candidat s’afficher avec son épouse et ses enfants. Le commercial a inclut aussi des images de grande force émotionnelle: des lieux de grande beauté naturelle et des images des jeunes, personnes âgées, travailleurs, etc. La puissance de la télévision, en tant que média chaud, convivial et ayant une forte capacité de persuasion, fut exploitée à bon escient.

Références

COURRIER INTERNATIONAL. « Humala dans le rôle de Lula »

http://www.courrierinternational.com/article/2011/04/14/humala-dans-le-role-de-lula (Lu le 29 janvier 2012).

LCB MARKETING POLITICO. « El Ajedrez de los Asesores »

http://www.costabonino.com/peru.htm (Lu le 22 janvier 2012).

LE FIGARO. « L’étonnante implication du brésilien Lula dans la présidentielle péruvienne »

http://blog.lefigaro.fr/amerique-latine/2011/04/ltonnante-implication-du-bresilien-lula-dans-la-presidentielle-peruvienne.html (Lu le 27 janvier 2012).

OPALC.ORG. « La montée en puissance d’Ollanta Humala dans la campagne présidentielle :décryptage »

http://www.opalc.org/web/index.php?option=com_content&view=article&id=774:la-montee-en-puissance-dollanta-humala-dans-la-campagne-presidentielle-decryptage&catid=180:perou-2011-observation-electorale&Itemid=211 (Lu le 26 janvier 2012).

Costa Concordia : une stratégie à la dérive

Le naufrage du Costa Concordia a fait couler beaucoup d’encre. Et dans les médias, le poids de cet accident repose en grande partie sur les épaules du capitaine Francesco Schettino. À première vue, la stratégie de communication de la compagnie Costa Crociere, filiale du géant américain des croisières, Carnival, a fonctionné. Par le biais de son PDG, Pier Luigi Foschi, elle a identifié son coupable : le capitaine. Devant les micros, au bord des larmes, Foschi a souligné « une regrettable erreur humaine du commandant », dont il s’est officiellement dissocié. Pendant que la vague médiatique emportait la réputation de Schettino, « l’homme aux vices multiples », Costa s’est, en quelque sorte, déresponsabilisée de l’accident. Elle aussi s’est dit victime de son capitaine.

Était-ce ce qu’il y avait de mieux à faire pour rassurer le public et rétablir la confiance des voyageurs? À mon avis, non. Et pour diverses raisons. Tout d’abord, cette action soulève des questions quant aux valeurs prédominantes chez Costa et, même, au sein de l’industrie des croisières. Plusieurs experts affirment que celle-ci a « la folie des grandeurs » depuis quelques années et qu’il y règne une course effrénée pour les profits. En ce sens, pour se protéger, Costa a tiré rapidement sur celui à qui elle avait confié la conduite de l’un des plus beaux joyaux de sa flotte. Le message à retenir : pour cette entreprise, l’argent prime sur l’humain. La preuve, malgré les quasi-larmes de son PDG, Costa ne faisait toujours pas mention de l’accident sur son site Web, trois jours après qu’il soit survenu. La compagnie continuait à offrir ses forfaits croisières.

Ensuite, si Schettino est bel et bien le personnage incontrôlable que l’on décrit, pourquoi Costa l’a-t-elle toléré dans ses rangs pendant toutes ses années? C’est plutôt étrange! S’il était insubordonné, comment se fait-il qu’elle n’ait jamais sévi à son endroit? Si tel est le cas, la tragédie du Costa Concordia n’est pas le résultat d’un capitaine incompétent, mais bien d’une mauvaise gestion de la part de l’entreprise. D’ailleurs, dans une réplique à son employeur, Schettino a mentionné que la manœuvre qui a mené au naufrage a été demandée et approuvée par Costa, dans le but d’impressionner les voyageurs et de leur faire plaisir.

Enfin, l’enquête finira bien par dire qui a tort et qui a raison. Mais une chose est certaine : c’est bel et bien un navire de Costa qui a chaviré dans les eaux de Giglio. À ce titre, la compagnie doit assumer ses responsabilités. En « jetant à la mer » son capitaine, l’entreprise s’est trouvé une bouée de sauvetage temporaire; cependant, il y a fort à parier qu’elle échouera et que la facture, tant sur le plan de la réputation que sur le plan monétaire, sera salée.

User d’opportunisme

Durant le printemps et l’été dernier, plusieurs routes et ponts ont fait l’objet de travaux et ont occasionné beaucoup d’entraves à la circulation. Conséquence : congestion un peu partout sur le territoire métropolitain. Le 14 juin dernier, le ministre des Transports de l’époque, M. Sam Hamad, annonçait la fermeture partielle du pont Honoré-Mercier. Une mesure qui allait durer tout l’été jusqu’à la rentrée scolaire. Dès lors, l’Agence métropolitaine de transport (AMT), en tant que promoteur du transport collectif et exploitant d’un réseau de transport métropolitain voit une occasion en or pour faire changer les habitudes de transport chez les citoyens. Puisqu’il devient de plus en plus difficile pour un automobiliste de circuler sur le  réseau en raison des nombreux travaux routiers, c’est le moment idéal pour l’AMT de faire valoir les bénéfices du transport collectif, de diminuer l’utilisation de l’auto-solo et, par le fait même, de réduire les gaz à effet de serre.

Dès le lendemain de l’annonce du ministre, l’AMT met en place plusieurs mesures afin de favoriser le transport en commun et bonifier l’offre de service actuelle, particulièrement dans le secteur du Roussillon, au sud du pont Mercier. Sur la ligne de train de banlieue Candiac, six nouveaux départs sont ajoutés, ce qui représente une augmentation de plus de 50 % de l’offre de service.  Ensuite, plusieurs stationnements incitatifs font l’objet d’agrandissements. Près de 350 places sont ajoutés graduellement au cours de l’été. L’offre de service du réseau de transport par autobus est bonifiée. On procède à l’ajout de départs sur l’express Chevrier. L’équipe de communication-marketing est immédiatement mise dans le coup pour promouvoir l’ensemble de ces mesures initiées par leurs collègues. La stratégie est simple : profiter de l’occasion de la fermeture partielle du pont Mercier et de la mauvaise presse du réseau routier pour aller chercher de la nouvelle clientèle via différents canaux de communication et répéter régulièrement les mêmes messages. L’AMT veut montrer aux automobilistes les avantages du transport collectif et démontrer la bonification de l’offre de service. Quelques collègues de l’équipe communication-marketing sont dédiés exclusivement à ce projet. Ils déploient rapidement et efficacement un plan de communication ainsi que les messages qui s’y rattachent. Plusieurs moyens et outils de communication sont utilisés, et ce, à des endroits stratégiques. À titre d’exemple, pensons seulement à l’affichage sur les superpanneaux Astral situés aux abords des autoroutes.

Les résultats de cette campagne sont très concluants. On note une augmentation significative de l’achalandage sur la ligne de train de banlieue Candiac, soit plus de 45 %. Les stationnements incitatifs de l’AMT sont remplis à pleine capacité et les sections ajoutées sont rapidement sollicitées et comblées. On note une augmentation de l’achalandage variant entre 10 et 50 %. Le service offert plait aux usagers : rapide, fiable et soucieux de l’environnement.  Les commentaires des clients sont très positifs et ceux-ci souhaitent même davantage de service. C’était une stratégie gagnante opportuniste et bien placée !!

Sauvonslapinte.com

Sauver le patrimoine urbain d’une grande ville n’est pas une mince tâche. À Montréal, nous avons la chance d’avoir Héritage Montréal, qui permet de sélectionner les bâtiments qui ont une valeur pour notre histoire et qui ont un potentiel pour le patrimoine architectural. En plus de devoir trouver de l’argent pour sauver ces édifices, il faut faire une campagne de communication pour bien faire comprendre à la population qu’il faut absolument sauver ces édifices de la décrépitude. Comment allier les deux missions ? Comment faire une campagne de communication, qui va coûter de l’argent, mais également trouver l’argent pour restaurer et sauver les bâtiments ? C’est une question à laquelle Héritage Montréal doit souvent répondre.

En 2009, une réflexion sur le sujet a été enclenchée avec la participation d’Héritage Montréal et de la Fonderie Darling. Comment sauver le château d’eau en forme de pinte de lait de la laiterie de la Guaranteed Pure Milk Co. ? Les deux organismes se sont tournés vers Sid Lee pour signer la campagne publicitaire qui visait à trouver des donateurs privés pour sauver ce bâtiment, mais également à informer le public sur les différents bâtiments qui demandent d’être sauvés. Pour réaliser un tel projet, différents partenaires sont venus se greffer à ce projet. Le partenaire le plus évident est sans nul doute la Fédération des producteurs de lait du Québec.

La campagne de communication était divisée en différentes étapes. La première étape consistait à apposer des bannières sur la pinte ainsi que quelques affiches autant dans la ville, dans le métro que dans les différents quotidiens. L’affiche incitait les gens à se rendre sur sauvonslapinte.com, page Facebook de l’organisation. Sur cette page, qui consistait en la deuxième étape, toutes les informations et activités étaient présentées. Par la suite, il y a eu la vente de chandails promotionnels et tout l’argent allait à Héritage Montréal. Les gens devenaient des porte-étendards de la marque, ici le mot cause serait plus juste. Les gens qui ont acheté un chandail n’ont pas seulement contribué à amasser de l’argent, mais également à faire connaître la cause et l’organisme Héritage Montréal. Également produit par Sid Lee, un fanzine a été créé pour expliquer la démarche autant d’Héritage Montréal, de Sid Lee, de la Fédération des producteurs de lait que d’autres collaborateurs. Le fanzine sert également de promotion pour les autres sites menacés. Une place de choix pour ces sites qui côtoyent la pinte. Bref, la campagne publicitaire s’est déployée autant par le web 2.0 que par les médias traditionnels.

Le château d’eau a été restauré et le grand dévoilement s’est fait en octobre 2009 avec les lettrages d’origines. Mais le projet n’est pas terminé. Hélène Grodin, directrice de création de Sid Lee et membre du conseil d’administration d’Héritage Montréal, a déjà souligné que la restauration de la pinte était la première étape, maintenant il faut mettre le site en valeur par la lumière, mais également dans l’esprit des citoyens de Montréal.

C’est en février 2010 que Sid Lee s’est mérité le grand prix Grafika de la cause sociétale pour leur campagne de communication.

Pour plus d’info (sites web, articles de journaux et vidéos)

sauvonslapinte.com
http://resultats.infopresse.com/prixgrafika/2010/Resultats/medias_imprimes/cause_soci%C3%A9tale/gp_sidlee_heritagemtl.html
http://www.heritagemontreal.org/fr/la-pinte-de-lait-geante/
http://voir.ca/voir-la-vie/art-de-vivre/2009/10/08/sauvons-la-pinte-du-lait-et-du-patrimoine/
http://cl-t175-493cl.privatedns.com/culture/actualites-culturelles/273743/une-pinte-de-lait-toute-fraiche
http://virtuel.24hmontreal.canoe.ca/doc/24hrsmontreal/24h-montreal-09-17-2009_OPT2/2009091601/6.html#6
http://blogues.cyberpresse.ca/edito/2009/09/25/sauvons-la-pinte-de-lait-guaranteed/
http://www2.infopresse.com/blogs/actualites/archive/2009/09/28/article-32502.aspx
http://www.grafika.com/article.aspx?id=32517
http://www2.infopresse.com/blogs/actualites/archive/2010/02/05/article-33759.aspx
http://www.kollectif.net/7233/heritage-montreal-sauvons-la-pinte/
http://infopub.blogspot.com/2009/09/video-sauvons-la-pinte.html
http://vtele.ca/videos/vie-urbaine/sauvons-la-pinte-de-lait_6907.php
http://www.facebook.com/video/?id=144781163063

Attache ta tuque, les marionnettes arrivent

Les tuques en laine installées sur certains abribus de Montréal et Québec  ont beaucoup fait jaser. En plus de porter la tuque, ces abribus chauffés diffusaient des messages réconfortants aux usagers qui branchaient leurs écouteurs dans les prises placées à cet effet. Cette initiative nouvelle et originale décorant le paysage urbain a suscité beaucoup d’intérêt. Le message se déclinait également en publicités télé, radio, affichage et internet. Ensemble, ces médias portaient un message bien tricoté et très cohérent : « Le lait, source naturelle de réconfort ». La Fédération des producteurs de lait du Québec surfe sur cette plateforme depuis septembre 2008. Les messages et les visuels sont renouvelés grâce à la créativité de l’agence Nolin BBDO et le placement média parfois inusité est une réalisation de Touché PHD et Marketel.

La force de cette plateforme, c’est sa grande capacité à être déclinée. Qu’il s’agisse d’événements rassembleurs, de jeux interactifs sur internet et sur appareils mobiles, de cartes virtuelles à envoyer à ses proches, le Lait sait se faire présent. Le message de « réconfort » est utilisé à son plein potentiel, puisque la campagne touche une très grande variété de médias en étant très adaptée à chacun d’eux. De plus, la « définition » du réconfort varie d’une personne à une autre, ce qui facilite sa déclinaison. Le Lait l’a d’ailleurs compris en demandant à ces artistes de décorer des contenants de lait géants, d’une façon qui représente, pour eux, le lait et le réconfort. Ces contenants ont été installés dans des stations de métro et ont donné lieu  de nombreuses initiatives médias.

Récemment, le Lait a opéré un changement dans la déclinaison de la plateforme. Le tricot a évolué pour devenir des marionnettes en laine. Jusqu’à présent, le succès est plutôt mitigé. L’aspect visuel est beaucoup moins intéressant que les déclinaisons précédentes; les couleurs sont plus ternes, et le fil conducteur des annonces télévisuelles est parfois difficile à suivre. De nouveau, l’annonceur utilisera le toit de certains abribus pour se mettre en évidence. Au lieu d’une tuque en laine, il s’agira cette fois-ci d’installer les marionnettes au sommet de certains abribus de Montréal et Québec. Encore une fois, le site internet regorge d’idées intéressantes, on incite beaucoup le public à participer et à répandre le réconfort à petite échelle : cartes réconfortantes à envoyer, jeu de combat de câlins, plusieurs concours, etc.

Que l’on soit réconforté ou non par cette plateforme publicitaire, il faut applaudir les efforts déployés par le Lait pour être présent dans tous les médias. La source de réconfort ne semble pas s’épuiser; je crois que nous en avons encore pour quelques temps à voir de la laine un peu partout où nous allons.

LES ÉDITIONS INFOPRESSE. « Création, Design » dans Infopresse, vol. 27, no 05, Montréal, déc-janvier 2012, p. 28-29.

iPhone: le rêve de Jobs se poursuit

La planète Apple a perdu un gros morceau en 2001. Steve Jobs a permis de croire que les technologies folles des films de science-fiction peuvent devenir réelles. La preuve: l’iPhone.

La vision de Jobs et l’iPhone ont propulsé Apple dans une avenue totalement inconnue. Toutes les idées, des plus terre-à-terre aux plus farfelues, constituaient les avancements technologiques nécessaires à la création du téléphone intelligent le plus en demande au monde. Certes, ce bidule de quelques centimètres cubes ne répond à aucun besoin non comblé. Il est tellement plus qu’une bébelle technologique de luxe. “It reinvents the phone, isn’t it fantastic?” a répété Jobs à travers les quatre lancements de l’iPhone qu’il a dirigé entre 2007 et 2010.

iPhone, le cheval de Troie

Du premier iPhone lancé en juin 2007 jusqu’au iPhone 4 en juin 2010, Jobs a construit sa présentation sur une même base, un crescendo structuré. Jobs utilise plusieurs stratégies pour vendre le nouveau concept du téléphone intelligent. Tout d’abord, il impressionne la galerie avec des statistiques et des records de vente fracassants. Ensuite, il enchaîne avec quelques nouvelles et mises à jour dans le monde Apple. De nouvelles applications sont disponibles? Les entreprises qui les ont conçues viennent en faire la démonstration en Californie. Commence l’éloge du nouvel iPhone. L’iPhone 4, c’est huit nouvelles caractéristiques époustouflantes expliquées selon des icônes, des démonstrations, des vidéos et des expériences en temps réels. Devant tant d’ingéniosité, les spectateurs ont le souffle coupé. Le crescendo ne s’arrête pas là. C’est le point culminant de la tragédie grecque de Jobs, ZE surprise: FaceTime. Les invités quittent la Californie sous le choc. Encore, ils se disent que Jobs vient de repousser les limites du possible. Déjà, ils débattent sur ce qu’il ajoutera l’année prochaine à ce bijou de technologie. Jobs a réussi une fois de plus à toucher ces mordus de technologie droit au cœur en leur présentant l’objet de leur désir. Ces mêmes geeks ont-ils été touchés de la même façon lors du lancement du iPhone 4S?

http://www.youtube.com/watch?v=I1edQuxclUs (lancement du iPhone 4)

Job par intérim

Octobre 2001 sonne l’arrivée de l’iPhone 4S et d’un nouveau capitaine à bord du navire Apple. Capitaine Cook et sa compagnie n’ont pas l’intention de changer la formule gagnante, la présentation de l’iPhone 4S suit le même crescendo tragique instauré par Jobs. Un récapitulatif, des statistiques et des records de vente servent de hors-d’œuvre, mais rien ne peut sustenter les invités suffisamment. Un premier punch leur est dévoilé: iCloud, le problème de l’espace est résolu. Sa touche magique: il synchronise tout dans tous les appareils Apple, iPhone 4S inclus. D’ailleurs, ce dernier vole la vedette avec ses sept nouvelles caractéristiques qui sont démontrées “live” par les différents spécialistes et ingénieurs qui y ont œuvré. Bref, les mêmes stratégies de Jobs ont été utilisées : iconographie, vidéo, démonstration, expérience en temps réel et endossement des nouveautés par les entreprises participantes. Mais la surprise que réserve Apple est de taille. Il s’agit de Siri, une assistante intelligente. Elle fait tout comme répondre à vos questions, lire vos messages, prendre vos rendez-vous, effectuer des recherches, etc. C’est la secrétaire que tout directeur souhaiterait avoir à sa disposition… sauf qu’elle ne fait pas le café, mais vous indiquera où vous en procurer. Sur le plancher de la salle, quelques mâchoires sont tombées. Qu’est-ce que les ingénieurs d’Apple vont nous inventer pour l’iPhone 5?

http://www.youtube.com/watch?v=qfaQc6k2NiA (lancement du iPhone 4S)

Un pour tous et tous pour un

Quelle conclusion pouvons-nous tiré des lancements du iPhone 4 et iPhone 4S? La comparaison que j’aimerais mettre en lumière entre ces deux lancements ne se trouve pas dans les stratégies qu’ont été utilisées par Jobs et Cook. La question qu’il faut poser est: comment Apple a-t-il réussi à maintenir le même niveau charismatique de Jobs dans la présentation de l’iPhone 4S? De la même façon que la Chine communiste sous Mao l’a fait avec sa politique pro-nataliste adoptée au début des années 1950. Par le nombre. Il semble que Apple n’ait trouvé aucune personnalité capable d’égaler  Jobs, mais que plusieurs hommes ensemble peuvent y arriver. La présentation de l’iPhone 4S s’est déroulée de la même façon que Jobs l’aurait fait lui-même. Cependant, les fréquents changements de présentateurs m’ont quelque peu dérangée, sans pour autant diminuer mon envie d’acquérir cette technologie.

Bien que les produits Apple soient encore trop chers pour mon portefeuille d’étudiante, visionner les deux lancements m’ont convaincue que j’aurai un jour un iPhone. Moi aussi, j’aurai le sentiment de perpétuer le rêve de Jobs.

Contrer la suppression automatique des courriels, est-ce possible?

 Oui, en envoyant moins de messages. Tout simplement. Et comment réussir à diffuser tout de même toutes ces informations? Dans l’entreprise où je travaille, le magazine électronique s’est avéré la solution adéquate.  Publié périodiquement et rendu disponible sur le bureau d’ordinateur des employés, il propose un grand nombre d’articles qui traitent de sujets qui autrement auraient fait l’objet d’autant de courriels.  Pourquoi serait-il plus efficace et plus intéressant? Parce que ce moyen de communication parle aux gens au bon moment et dans un langage moins formel.

En tant que spécialiste des communications dans une grande entreprise,  j’ai constaté qu’une grande quantité de messages électroniques en provenance de l’administration arrivait dans ma boite de réception plusieurs fois par semaine et sans chronologie précise. En utilisant le logiciel Twelve Horses, nous avons obtenu des statistiques et avons découvert que pour chaque courriel envoyé, moins de 12% des employés les ouvrent et qu’environ 3% cliquent sur les hyperliens disponibles.  Considérant l’implication nécessaire de nombreuses ressources internes: écriture  par le département des communications, correction et traduction par le service linguistique, mise en page via l’infographie, c’est beaucoup à lire et c’est beaucoup de travail aussi.

Ces constats suscitent des questions : pourquoi les gens suppriment-ils ces courriels?  L’information diffusée est-elle pertinente? Dans un sondage sur le terrain, le personnel répond que les renseignements sont appropriés, mais pertinents seulement quand ils ont un impact direct sur leur vie au travail.  Parlant du courriel qui traite de la méthode de remboursement des assurances, un employé s’explique : « quand tu n’en as pas besoin immédiatement, tu ne le lis pas attentivement, tu n’archives même pas la communication.  Mais le moment où tu as une grosse facture à te faire créditer, et bien là, tu cherches! Et tu souhaites obtenir en un clic la marche à suivre pour recevoir ton chèque. »

L’inspiration nous est venue de lieux partagés du bureau, les cafétérias et les coins café. De vieilles revues traînent sur les tables, et, peu importe le sujet, tout le monde les lit. C’est  ce qui a fait germer l’idée d’un magazine à l’interne comme canal de communications pour l’administration.

Appuyé par une campagne d’affichage, le premier numéro est sorti à l’automne et le taux de lecture ainsi que les commentaires recueillis furent satisfaisants pour aller de l’avant avec le projet. Nombreux sont ceux qui jasent du magazine et de son contenu.  Nous n’avons pas besoin de chercher les sujets à couvrir dans la prochaine édition, ils nous sont directement proposés ou nous les entendons dans les conversations de corridors…

Et vous? Recevez-vous trop de courriels concernant la vie de bureau? Comment réussissez-vous à conserver et circonscrire toutes ces informations? Seriez-vous intéressé à lire un magazine électronique de votre entreprise?

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